Comment developper un rucher

Question :

J’ai un petit rucher sur l’île de la Réunion et voudrais le développer : quelle solution choisir ?

C’est une question très vaste, en entraînant d’autres : arrivez-vous à maintenir votre cheptel en bonne santé  (c’est de + en + difficile, notamment en France), et si oui de combien voulez-vous l’augmenter (je penses qu’il faut y aller progressivement).

  • Pour une légère augmentation (ou pour maintien du cheptel si un peu de pertes): effectuer des divisions de quelques très bonnes ruches en début de période d’essaimage. Pour cela il y a plusieurs méthodes bien expliquées sur Internet. Ça se fait dans le rucher, pas besoin de transhumer, ni de gros préparatifs.
  • Pour une augmentation plus conséquente (ou maintien du cheptel si beaucoup de pertes) : on peut aussi agir par divisions, mais en préparant l’opération en avance et en prévoyant de déplacer les nouveaux essaims à plus de 3 km; les nouvelles reines s’y feront féconder et les abeilles oublieront leur emplacement précédent. Pour cela il faut que les colonies à diviser soient très populeuses, avec beaucoup de couvain (au moins un mois avant, on peut superposer 2 corps et inciter la reine à pondre partout). Il faut prévoir des ruchettes pour les essaims à déplacer (ou sinon ruches avec partitions, mais c’est + lourd et + encombrant) et un emplacement de rucher à 3 km (pour au moins un mois). Description des méthodes là-aussi sur Internet.
  • La 3° solution, c’est celle ci-dessus, mais avec en plus introduction de cellules royales ou de reines, élevées par des ruches éleveuses ou achetées. Là ça devient devient compliqué et la première fois il vaut mieux le faire avec quelqu’un d’expérimenté…

Je vous souhaite bonne chance avec ces essaims, et dernier conseil : voir ce qui se fait traditionnellement dans la région où sont vos ruches.
Amitiés apicoles,
Jérôme Sarre.

Urgence pour les abeilles – agissez maintenant !

Petit mot pour une grande cause : les abeilles et tous les insectes pollinisateurs sont en train de disparaitre, principalement dans les zones  où il y a utilisation intensive de pesticides.
Certains intérêts d’état et le lobbying de quelques multinationales permettent l’utilisation de molécules qui accélèrent ce processus.
En France, une de ces autorisations abusives et dramatique pour les abeilles (le Cruiser) est actuellement jugée au conseil d’état, et devrait être annulée mais les pressions pour éviter cette annulation sont à la mesure des intérêts financiers qui sont derrière, la décision définitive devait être prise d’ici la mi-février.

En tant que simple citoyen nous avons une possibilité d’agir en signant et faisant circuler la pétition : Sauvez les abeilles – interdisez les pesticides

Merci pour les abeilles, les fleurs et tout ce qu’elles produisent sur notre devenue petite planète..

La Gelée Royale : différences de prix

Question :

Pourquoi tant de différences de prix pour la gelée royale et comment s’y retrouver ?

La production et la récolte de la gelée royale est très astreignante: c’est long, minutieux, quotidien ( pas de WE..etc), vous pouvez imaginer que les prix en chine ou ailleurs seront au + bas, même si officiellement en bio.
Mais la gelée royale c’est aussi une matière très sensible;  par exemple, les abeilles refusent d’élever des reines avec de la gelée royale congelée (alors qu’à l’analyse on ne voyait aucune différence avec une gelée non congelée), et quitte à faire une cure de gelée royale, il faut s’assurer au mieux de ses conditions de production même si au final le coût est plus élevé.
Dans mon cas je n’en produis plus, notamment parce qu’à la période de production (le printemps) je travaille déjà presque tout le temps pour les miellées de romarin, acacia et sapin (qui commence dés juin maintenant).
Mais nous proposons à la vente la Gelée Royale produite par une apicultrice, voisine de chez nous, en bio bien sûr et très respectueuse de ses abeilles. Nous pensons d’ailleurs faire une interview ce printemps pour faire connaître un peu plus cette production artisanale.

Traitement bio contre le Varroa

Un lecteur de notre blog nous a écrit :

Comment lutter contre le Varroa ?
Pour ma part j’ai arrêté de traiter depuis cinq ans.
Mais j’ai quelques soucis un peu moins depuis que je suis passé en plancher complètement ouvert.
Mais voilà je me pose la question suivante : nos abeilles finiront elles par lutter seul contre le Varroa ?
Pour ma part je m’efforce de garder des essaims très fort avant l’hivernage et je leur laisse une hausse de miel car ici en tarn et garonne il est de coutume de nourrir au sirop. Pour moi c’est bof – on a oublié que les abeilles mangent du miel a mon avis.
Merci de votre réponse et désolé pour ce long message.

Bonjour,
J’ai essayé beaucoup d’attitudes différentes / Varroa depuis son arrivée dans l’Aude en 1985 (ça ne me rajeunit pas..!) ; Je n’ai toujours pas de bonnes solutions, seulement des « pis-allé », ainsi que des planchers ouverts..etc.
Actuellement mon « pis-allé » c’est un des traitements bios : Apiguard (Thymol en gel) en septembre et un peu d’acide oxalique fin décembre si belles journées (pas sur les ruches faibles).
La seule intervention qui apparaît très efficace et sans aucun effet négatif sur la colonie, c’est lorsque je fais des séries d’essaims (bien populeux) : je fais là aussi un passage à l’acide oxalique après le début de ponte des jeunes reines qui viennent de se faire féconder mais avant que ce premier couvain ne soit operculé.
Je ne peux pas me permettre de ne pas intervenir / varroa, l’apiculture étant ma passion mais aussi mon seul revenu…et il y a pas mal d’autres apiculteurs dans le coin, on est responsable de ça aussi, même si ces « autres » sont eux-même parfois responsables d’autres dégâts (génétiques, reines ne vivant qu’un an ou deux, ..etc).
Laisser des provisions de miel est une bonne chose pour la colonie (surtout si elle est bien populeuse), mais ne change rien / développement du varroa.
Amitiés apicoles,
Jérôme Sarre.

Où acheter des feuilles cire bio ?

Bonjour,
Apiculteur bio novice au Portugal, il est pratiquement impossible d’acquérir des feuilles de cire bio. Pourriez-vous m’indiquer si en France il est possible d’en acheter, oú et à quel prix.
Merci.

F. Goris
http://www.herdade-valecovo.com

Oui c’est possible, en tapant « cire gaufrée bio » sur internet.
Personnellement j’en fais gaufrer à façon tous les deux ans (pour retrouver ma propre cire) et j’en ai parfois un peu plus et je peux en vendre, mais là ça sera dans l’hiver 2011/2012.
Cordialement, Jérôme Sarre.

Que faire contre la fausse-teigne ?

Question :

J’ai découvert des larves de fausse-teigne sur des cadres non construits de corps de ruche dans mes 2 ruches. 8 sur 2 cadres !
Avez-vous une solution pour un traitement ou dois-je laisser les abeilles se défendre ?

Pour la fausseteigne dans 2 ruches:
Si ce sont des ruches vides, ça n’évoluera plus jusqu’au printemps si on les laisse au froid: à voir + tard.
Si ce sont des ruches peuplées, sortir les cadres vides ou avec peu d’abeilles pour retirer les larves de f-t avec un fil de fer costaud ou un tournevis fin.
S’il y en a beaucoup, on  peut pulvériser sur les cadres une préparation avec du bacillus thurigiensus spécial pour f-t de ruches (cf magasins apicoles), mais c’est un signe de faiblesse des colonies et il y aurait peut- être d’autres choses à faire (vérifier le couvain, la population, les provisions) pour s’assurer qu’elles peuvent passer l’hiver.

Rhododendron mellifère et non toxique

Question :

Je suis un « apiculteur » très amateur, dans le Finistère sud.
Actuellement je suis en train de faire un rucher en lisière de forêt.
Pour masquer et embellir l’entrée de ce rucher, je souhaiterai mettre quelques rhodos & azalées mellifères, qui viennent très bien dans ce type de terre.
Le problème c’est que les horticulteurs du secteur sont « infoutus » de me dire quelles variétés sont mellifères & surtout non toxiques, et sur internet il y a tout & son contraire.
D’où mon appel auprès de vous; quelles variétés préconisez-vous?
Merci de vos précieuses et mielleuses lumières.

Malheureusement, je n’ai pas de réponse à votre question…
Je monte depuis longtemps mes ruches sur le « Rhodo » comme on dit ici, mais c’est dans un coin spécifique, à une altitude allant de 1600m à 2200m, versant nord des Pyrénées, évidemment de fin juin à août (sinon risque de neige sur des colonies avec beaucoup de couvain).
Je crois qu’ il sagit d’une sous-espèce  de « Rhododendron ferrugineux »;  ils ne sont pas toxiques là où ils sont (en tout cas la faune locale dont les ours, et les ruminants transhumants n’en souffrent pas). Les abeilles en raffolent quand ça mielle bien, et en plus sont en meilleure forme que les autres quand je les redescends.Le miel est très doux, délicat, tout en finesse.
J’ai beaucoup entendu sur d’autres rhodos, dans d’autres régions, jusqu’aux contreforts de l’Himalaya où il fait parait-il tourner la tête aux abeilles et aux humains, mais jamais entendu de témoignage direct.
Par contre je sais par expérience que beaucoup de plantes peuvent être très mellifères dans un certain contexte, et peu ou pas, dans un autre (climat à la floraison, mais aussi celui de tout l’année, sol, altitude…etc).
Le mieux serait d’observer  la-dite plante dans un coin similaire à celui où vous voulez la planter (il y a des surprises parfois dans des châteaux, monastères où abbayes, chez des protecteurs de variétés anciennes où autres) et sinon, si on a le temps d’essayer soi-même …mais dans le cas des Rhodos Ferrugineux ce n’est peut-être pas la meilleure idée !
De mon côté, je met votre question et cette « réponse » dans mon blog peut-être quelqu’un réagira positivement.
Cordialement, Jérôme Sarre.

PS : ici quelques images du rhododendron sauvage dans les Pyrénées